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Limiter le développement du biofilm bactérien

Une bonne conception des réseaux d’eau chaude et froide sanitaires est une condition préalable à leur bon fonctionnement dans le temps ainsi qu’à la conservation de la qualité des eaux distribuées.

Ces conditions dépendent non seulement du dimensionnement des canalisations et des organes qui composent les réseaux mais aussi de différents facteurs qui influenceront et affecteront les paramètres physico-chimiques des eaux distribuées ; favorables à une contamination microbiologique.

Ces quelques recommandations permettent d’éviter et limiter cette croissance microbienne :

Choix des matériaux

Tubes canalisation eau sanitaire

De nombreux essais ont été menés par des laboratoires reconnus pour leur expertise tels que CRECEP, KIWA... afin d’évaluer l’incidence de la nature des matériaux sur le développement du biofilm.

Les études montrent que le PVC-C est un des matériaux les moins promoteur du biofilm. Elles mettent également en avant qu’aucun matériau ne peut empêcher la formation du biofilm. Dès lors, le choix d'un bon matériau fait partie des bonnes pratiques à mettre en place afin de limiter l'entartrage et la corrosion.

C’est la combinaison d'une bonne conception du réseau et d'un choix judicieux du matériau qui permettra de freiner efficacement le développement du biofilm.

Lutte contre l'entartrage et la corrosion

corrosion des canalisations

La lutte contre l’entartrage et la corrosion des réseaux de distribution d’eau chaude et d’eau froide sanitaires est un dispositif important à mettre en place dans la recherche du maintien de la qualité des eaux distribuées. En effet, ces phénomènes peuvent favoriser le développement du biofilm et de micro-organismes tout en réduisant l’efficacité des traitements préventifs et curatifs qui pourraient être mis en œuvre pour enrayer les contaminations.

De plus, ils peuvent engendrer un dysfonctionnement des réseaux, dégradant ainsi la qualité du service fourni aux usagers.

Maintien ou élévation ponctuelle de la température de l'eau

thermostat

La gestion des températures des réseaux d’eau chaude sanitaire mais aussi des réseaux d’eau froide sanitaire comporte de nombreux défis avec des enjeux importants au niveau de la qualité de l’eau.

L’eau chaude sanitaire

Une température trop élevée de l’eau chaude engendrera des surconsommations d’énergie, des risques de brûlures aussi bien pour les usagers que pour les exploitants (à 60°C, risque de brûlure profonde en 4 à 5 secondes), et une accélération du phénomène d’entartrage.

Une température de l’eau chaude sanitaire trop basse favorisera la croissance de nombreux micro-organismes.

L’eau froide sanitaire

La température de l’eau froide sanitaire doit elle aussi être surveillée. L’arrêté du 11 janvier 2007 fixe à 25°C sa limite de potabilité. Il s’avère que dans des locaux confinés ou lorsque la canalisation d’eau froide sanitaire se trouve à proximité ou au-dessus des canalisations d’eau chaude sanitaire ou de chauffage, sa température peut s’élever et ainsi fournir des conditions favorables au développement de micro-organismes indésirables. Ce phénomène s’accentue par l’absence de circulation permanente dans le réseau d’eau froide sanitaire (pas de bouclage).

Évaluation de l'aptitude de 6 matériaux
à promouvoir la croissance microbienne

Étude menée par le laboratoire CRECEP et Fabien SQUINAZI

L’objectif de cette étude consistait à évaluer selon le projet de norme européenne (Biomass production Potential - BPP) la promotion de la croissance microbienne pour six matériaux utilisés dans les installations de distribution d’eau. Le test BPP est basé sur la détermination de la concentration en biomasse active par dosage de l’adénosine triphosphate microbien (ATP)

Ici sont présentés, sur le tableau et l’histogramme, les résultats obtenus pour les six matériaux testés :

tableau aptitude des matériaux
graphique développement microbien

L’aptitude d’un matériau à contribuer au développement microbien varie en fonction de sa nature : le cuivre et le C-PVC apparaissent très peu promoteurs aux deux températures testées (30°C et 50°C) alors que le polypropylène induit la plus importante concentration en biomasse active.

Calcul des BPP : mesure à 8, 12 et 16 semaines
BPP matériau = BPP échantillon - BPP témoin négatif
BPP échantillon = [(BF+BL)t8 + (BF+BL)t12 + (BF+BL)t16)]/3
BF : biomasse fixée • BL : biomasse libre

La température a aussi un impact sur la production de biomasse active : l’élévation de la température a, en général, un effet stimulant sur la croissance microbienne (polypropylène, polybutène et acier inoxydable 316). Elle peut, à l’inverse, induire une moins grande formation de biomasse, comme pour l’acier inoxydable 304.

Pour optimiser les résultats, le matériau choisi pour un réseau d’eau chaude et d’eau froide sanitaires devra également supporter les traitements chimiques (chloration en continu ou choc chloré) et les élévations ponctuelles de température :
le PVC-C répond à ces contraintes.
Même après de nombreux traitements, le PVC-C conserve sa capacité à peu développer le biofilm.

La surveillance des réseaux

La surveillance des réseaux d’eau chaude et d’eau froide sanitaires doit être effectuée quel que soit l’âge de l’installation en prévention de risques potentiels : colonisation bactérienne, dégradation de la qualité de l’eau.

Pourquoi contrôler la température du réseau d’eau chaude sanitaire ?
  • - Pour identifier les portions de réseau où les conditions de service (vitesse de circulation, température) ne seraient pas satisfaisantes,
  • - Pour lutter contre le développement des bactéries,
  • - Pour limiter le risque de brûlure.
Surveillance